Le crabe tambour

Projeté

Le commandant : Je voulais seulement vous dire adieu, c'est tout. Je n'ai rien d'autre à dire.

Titre VO : Le crabe tambour

Genre : Aventure , Drame

Date de sortie : 1977 - Durée 1h55

De : Pierre Schoendoerffer

Avec : Jacques Perrin, Claude Rich, Jean Rochefort, Jacques Dufilho

Nationalité : Français

Pitch :

C'est l'histoire de marins faisant face à leurs consciences, un grand spectacle pour les yeux et dans les esprits.

Résumé :

Le commandant du «Jauréguiberry», un navire militaire d'assistance aux bateaux de pêche est dévoré par un cancer qui ne lui laisse ni espoir ni répit. Pierre, le médecin, soigne avec discrétion cet homme austère qui jamais ne se plaint. Ensemble, ils évoquent la figure presque mythique d'un soldat perdu, Willsdorff dit le Crabe Tambour, officier de carrière que les guerres d'Indochine et d'Algérie ont jeté dans la rébellion. Le commandant espère pouvoir le saluer une dernière fois. Il qui commande à présent un chalutier du côté de Terre-Neuve...

Notre avis :

En mai 2006, je rencontre Jacques Perrin qui deviendra par la suite mon producteur (Tabarly). Cherchant à en savoir plus sur ce grand Monsieur du cinéma, j’achetais un film dont tout le monde parlait en évoquant ses talents de comédien : Le Crabe Tambour.

À la fin du visionnage, j’étais déçu. Trop lent, trop long, trop vieux, je n’avais retenu que les plans incroyables du Jauréguiberry bravant le gros temps avec panache.

10 ans plus tard, à force d’entendre parler en bien de ce film, je m’obligeais à le revoir. J’ai alors compris que j’étais dans l’erreur.

Le Crabe Tambour est un film d’action et de réflexion. Pour ne manquer aucun de ses mystères, il mérite d’être vu et même revu. Pierre Schoendoerffer, auteur et réalisateur du film, nous offre ici de multiples strates de lectures. Il transmet quantité d’émotions par ses dialogues comme par sa mise en scène. Le scénario permet au spectateur d’osciller entre une réflexion philosophique et un documentaire sur l’Indochine, L’Algérie, la Marine Nationale et la pêche à la morue. Au fil du sillage de ce film, vous explorerez les notions sans cesse remises en questions d’amitié, de courage et d’aventure. Et tout cela magnifiquement porté par un casting prestigieux composé de Jean Rochefort et Jacques Dufilho, tous deux césarisés pour le film en 1978 (meilleur acteur et meilleur second rôle), de Jacques Perrin et de l’inoubliable Claude Rich. Le travail qu’il a fallu mettre en œuvre pour réaliser ce film est immense et représente le fruit de dizaines d’années de réflexion, d’écriture et d’expérience.

À présent, j’anime « Les Projections Salées » et ce film fait partie du haut de ma liste d’œuvres sélectionnées du répertoire. Le Crabe Tambour est un film culte, un classique du cinéma et un chef d’œuvre du cinéma maritime.

Dans ce long-métrage, la mer est forte, les gens de mer authentiques. Comme à Terre-neuve, l’horizon y est souvent brumeux, sur l’eau comme dans les consciences.

A voir absolument.

Pierre Marcel

César du cinéma 1978

César du meilleur acteur : Jean Rochefort

César du meilleur acteur dans un second rôle : Jacques Dufilho

César de la meilleure photographie : Raoul Coutard

Nominations

César du meilleur film

César du meilleur réalisateur : Pierre Schoendoerffer

César de la meilleure musique : Philippe Sarde

Réalisation : Pierre Schoendoerffer

Scénario : Jean-François Chauvel et Pierre Schoendoerffer, d'après le roman éponyme de ce dernier

Production : Georges de Beauregard

Photographie : Raoul Coutard

Cadreur : Georges Liron

Son : Raymond Adam

Montage : Nguyen Long

Assistants réalisateur : Léonard Guillain, Michel Picard, Marc Angelo (2e), Philippe Charigot (2e)

Conseiller technique : Pierre Dubrulle

Distribution

Jean Rochefort : le commandant de l'escorteur, traditionnellement surnommé « le vieux »

Jacques Perrin : le lieutenant de vaisseau Willsdorff (le « Crabe-tambour ») ;

Claude Rich : Pierre, le médecin major ;

Jacques Dufilho : le chef machine, dit « le chef » ;

Aurore Clément : Aurore, l'infirmière à Saint-Pierre-et-Miquelon ;

Odile Versois : l'épouse du bistrot de l'ancien gendarme qui a assisté au procès de Willsdorff ;

François Dyrek : l'ancien gendarme, patron du bistrot ;

Pierre Rousseau : Babourg qui retrouve Pierre, le médecin, par hasard à Paris ;

Joseph Momo : Bongoba ;

Musique : Philippe Sarde

C'est pour bientôt...

Pierre, le médecin : Je m'appelle Pierre, j'ai cinquante ans, j'avais choisi ma vie, et puis qu'importe... j'ai lâché prise, j'ai peur de moi, je rentre dans le rang.

Le commandant : Vous n'avez pas à vous excuser et à dire merci devant un supérieur. C'est un de nos privilèges.

Pierre, le médecin : J'ai autrefois participé à une charge au clairon, en... 48, sur le fleuve. On entendait brailler un blessé à la radio, un français ; les vietnamiens, eux, meurent en silence dans leur trou, comme les chats. Willsdorf, vous connaissez ? On l'appelait le Crabe-Tambour.

Pierre, le médecin : Vieux crabe, on ne parle pas sur ta passerelle. Bien ! Il n'y aura plus de Crabe-tambour avec son chat, de trompe de chasse sur le fleuve.

Pierre, le médecin : J'aurais dû être là-bas avec lui. Il m'avait dit : « Il faudra un jour quitter l'Indochine, on achètera une jonque et on rentrera à la voile, quatre mois de mer. Après ça ira mieux. »

Pierre, le médecin : Il a acheté la jonque, et je ne suis pas parti.
Le commandant : Pourquoi ?
Pierre, le médecin : « Adieu vieille Europe, que le diable t'emporte », comme nous disions à l'époque. Je ne savais pas ce que j'allais faire. Quitter la marine évidemment. Mais ce que je savais, c'est que... je ne voulais pas partir.

Le commandant : Aux Maldives Willsdorf disait qu'il avait deux amis, vous et son chat... Sale bête.

Le chef : Qu'est-ce qu'il y a donc là-haut pour agiter ainsi le cœur de l'homme... Rien... bien moins que dans ce verre.

Le chef : Le pays Bigouden c'est le menton de la France.

Le chef : Nous, on croit à l'ankou. L'ankou, c'est l'ange de la mort, homme de peu de foi.

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